Souvenir : Marien Ngouabi, 42 ans déjà…

De Roger Ngombé (Les Dépêches de Brazzaville du lundi 18 mars 2019)

18 mars 1977-18 mars 2019, il y aura quarante-deux ans que fut assassiné à Brazzaville, dans sa résidence, le troisième président de la République du Congo, Marien Ngouabi. En ce jour anniversaire, nous nous faisons le devoir de relire le contexte politique, économique et social de cette époque.

Arrivé au pouvoir en 1968, soit huit ans après l’indépendance du Congo, Marien Ngouabi hérite, en effet, d’un pays traversé par des luttes politiques et armées.

 

Né en 1938, il est président du Congo alors qu’il n’a que 30 ans d’âge. Ancien membre du Comité central du Mouvement national de la Révolution de l’ex-président de la République, Alphonse Massamba-Débat, Marien Ngouabi rejette l’idée d’un socialisme africain que caressait son prédécesseur pour établir un modèle marxiste-léniniste menant à une grande coopération avec l’Union soviétique.

Selon certains économistes, l’organisation de la société congolaise suivant les dogmes du socialisme scientifique a eu des conséquences désastreuses sur le fonctionnement de l’Etat. Le déclin du régime Ngouabi commence en 1975, soit deux ans avant sa mort.

Les administrations publiques et les services sociaux ont grandement pâti de la préférence partisane qui a promu les membres du Parti congolais du travail (PCT) à la tête de toutes les structures publiques, sans considération des compétences, ont affirmé beaucoup d’observateurs de la vie publique de l’époque.

De plus, le principe de la trilogie déterminante qui associait le parti, le syndicat et la direction dans la gestion, a considérablement nui au rendement des entreprises étatiques. Devant cette évidence, le président Marien Ngouabi, secoué par plusieurs coups d’Etat, lance un programme triennal (1975-1977) de développement économique, social et culturel, d’un coût global de soixante-quinze milliards de franc CFA.

Celui-ci avait pour objectifs l’édification d’une économie indépendante, le désenclavement de l’arrière-pays, la réduction des inégalités sociales, la relance des entreprises publiques défaillantes, la création des nouvelles ainsi que le lancement de nombreux travaux publics.

 

Ce programme triennal glisse à cause des difficultés économiques, notamment la baisse drastique des prix du baril du pétrole au niveau international doublée du ralentissement de la productivité au niveau des entreprises publiques.  La classe politique ne croit plus en la capacité du président de la République à redresser le pays et l’opinion est perplexe.

Ainsi, pour relancer la machine, Marien Ngouabi convoque une session extraordinaire du PCT, du 5 au 12 décembre 1975, au cours de laquelle le sommet du parti fait le constat relatif au manque de cohésion, de dynamisme de la direction politique, de la combativité des organisations de masse et des mauvaises performances des entreprises d’Etat.

À l’issue de ces assises, il a été mis en place un gouvernement de quinze ministres, dont Louis Sylvain Goma en était le Premier ministre, et un Etat-major spécial révolutionnaire composé de cinq membres dirigé par Marien Ngouabi lui-même. Denis Sassou N’Guesso, Jean-Pierre Thystère Tchicaya, Louis Sylvain Goma et Jean-Pierre Gombé en étaient les membres. Des changements sont intervenus également au niveau de la Confédération syndicale congolaise et de l’Union de la jeunesse socialiste congolaise.

Tous ces changements avaient débouché sur la convocation, en novembre 1976, de la conférence du parti en vue d’analyser le processus historique de la révolution et ses perspectives. Les préparatifs du troisième congrès extraordinaire du PCT y sont entamés.

A tout bien regarder de près, on s’accorderait que ce contexte, quarante-deux ans après, n’est pas loin de celui des années que nous vivons. Comme pour dire que l’histoire est parfois la répétition des événements, à quelques exceptions près.

C’est donc dans un contexte politique, économique et social trouble que fut assassiné Marien Ngouabi. Au cours de sa présidence, il fut particulièrement adulé par les jeunes révolutionnaires, devenant même un mythe auprès d’eux. 

Les Dépêches de Brazzaville

 

 

 

 

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