Gouvernance : Anatole Collinet Makosso fixe le cap de « l'accélération de la marche du Congo vers le développement »
Cinq ans après son arrivée à la
tête du gouvernement, Anatole Collinet Makosso estime que le Congo a tourné la
page de la stabilisation économique pour entrer dans une nouvelle séquence :
celle de l'accélération du développement. Dans un entretien accordé à un
hebdomadaire africain, le Premier ministre détaille les priorités du
gouvernement pour mettre en œuvre le projet de société du président Denis
Sassou N'Guesso, « Accélération de la marche vers le développement ».
Reconduit à la primature après
la réélection du chef de l'État en mars dernier, Anatole Collinet Makosso
rappelle qu'il avait pris ses fonctions en 2021 dans un contexte marqué par les
séquelles de la crise financière, la pandémie de Covid-19 et une relation
fragilisée avec les partenaires financiers internationaux. Selon lui, le pays
présente aujourd'hui un tout autre visage.
« Notre économie n'est pas
encore florissante, mais elle est stabilisée », affirme-t-il, mettant en avant
une dette mieux maîtrisée, une inflation contenue, une croissance positive et
la préservation du pouvoir d'achat. Des acquis qui, selon lui, constituent
désormais la base d'une nouvelle étape de l'action gouvernementale.
Cette phase d'accélération
repose d'abord sur la poursuite du redressement économique, notamment par une
meilleure mobilisation des recettes internes afin de financer les engagements
pris devant les Congolais.
Pour soutenir cette ambition, le
gouvernement a identifié quatre leviers majeurs : la réforme du système fiscal,
le recours à des financements innovants, la valorisation des ressources
naturelles et la restructuration de la dette intérieure. Le refinancement de la
dette, explique le Premier ministre, a permis au Congo de regagner la confiance
des partenaires financiers et d'accéder à de nouvelles sources de financement,
notamment sur les marchés internationaux.
Cette dynamique doit également
favoriser le financement des grands projets structurants. Parmi eux figure la
réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan, un chantier destiné à renforcer la
vocation du Congo comme hub multimodal de la sous-région autour du port en eau
profonde de Pointe-Noire. Makosso indique que les travaux préparatoires
avancent avec la République démocratique du Congo, les deux chefs d'État
souhaitant voir le projet démarrer avant la fin de l'année.
Sur le plan institutionnel, le
Premier ministre voit dans la reconduction d'une large partie de son équipe et
l'ouverture du gouvernement à des représentants du secteur privé la volonté
d'accélérer les réformes. Il cite notamment la nomination de Michel Djombo au
ministère du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la
Promotion du secteur privé, afin de renforcer le dialogue entre l'État et les
opérateurs économiques.
Enfin, Anatole Collinet Makosso
confirme l'ouverture de négociations avec le Fonds monétaire international en
vue d'une nouvelle Facilité élargie de crédit. À ses yeux, cette démarche ne
traduit pas un retour en arrière, mais s'inscrit dans une stratégie visant à
consolider les réformes engagées, bénéficier d'appuis budgétaires et préserver
la confiance des partenaires techniques et financiers.
Pour le chef du gouvernement,
les conditions sont désormais réunies pour engager une nouvelle étape de l'action
publique : transformer la stabilité retrouvée en croissance durable et
accélérer la marche du Congo vers le développement.